Belle Époque, d’Elizabeth Ross

Lorsque Maude Pichon s’enfuit de sa Bretagne natale pour échapper à un mariage dont elle ne veut pas, elle monte à Paris, ville-lumière en ébullition à la veille de l’exposition universelle de 1889. Hélas, ses illusions romantiques s’y évanouissent aussi rapidement que ses maigres économies.

Elle est désespérément à la recherche d’un emploi quand elle tombe sur une petite annonce inhabituelle : « On demande de jeunes filles laides pour faire un ouvrage facile. » L’Agence Durandeau propose en effet à ses clients un service unique en son genre : le repoussoir. Son slogan ? « Louez un faire-valoir, vous en deviendrez d’emblée plus attirante. » Etranglée par la misère, Maude postule…

Monsieur Durandeau a déjà amassé une petite fortune grâce à sa riche clientèle, et quand la Comtesse Dubern vient chercher une compagne pour Isabelle, sa fille aux idées bien arrêtées, Maude est immédiatement choisie comme faire-valoir idéal.

Un mot de la blogueuse…

Sur un coup de tête, Maude Pichon, seize ans, fuit la Bretagne, un mariage arrangé et un avenir tout tracé pour venir tenter sa chance à Paris. Ville de tous les espoirs, de tous les possibles.

Mais une fois là-bas, elle va vite se rendre compte que vivre à la capitale est très chère. Se faire une place à Paris n’est pas une mince affaire. Surtout quand on est une petite paysanne sans un sous…

Heureusement, alors qu’elle déambule dans les rues parisiennes, une opportunité se présente à elle. Une annonce placardée au mur mentionne : « On demande des jeunes femmes pour faire un ouvrage facile. Bienséance respectée. Présentez-vous en personne à l’agence Durandeau. 27, avenue de l’Opéra, Paris. » Croyant qu’il s’agit d’un emploi respectable de couturière ou de femme de ménage, Maude s’y rend.

En découvrant ses recruteurs, la jeune fille doute de leurs motivations. Quelque chose cloche. Il semblerait que l’ouvrage en question ne corresponde pas du tout avec ce qu’elle avait imaginé… mais elle n’en est pas tout à fait sûre.

Le temps d’un regard, l’agence, elle, l’engage sans plus d’explications. On lui donne une nouvelle toilette ainsi qu’une pièce de 5 francs. On lui explique que pour briller en société, elle va devoir apprendre les règles de la bienséance. L’inquiétude de Maude est apaisée. Elle pense qu’ils vont lui faire intégrer une grande maison, et devenir femme de chambre. Non ? Sinon, pourquoi se donner tant de mal ?

Quelque chose la chiffonne. Les toilettes qu’elle porte ne sont pas celles réservées habituellement aux femmes de ce rang. Trop de froufrous, de rubans et de satin. Trop peu discret à son goût… « C’est alors qu’un soupçon me gagne et se répand en moi comme une tache d’encre sur un parchemin. Je l’efface aussitôt. » Affublée de cet accoutrement, elle ressemble plus à une poupée qu’à une domestique.

Maude préfère chasser ses idées noires. Elle n’a pas le temps de s’en soucier. Il lui faut accepter ce travail sans broncher sous peine de finir sous les ponts.

La jeune femme va vite se rendre compte du pot aux roses. L’agence qui l’a engagé est une agence de repoussoirs, qui offre l’opportunité à des jeunes gens dans le besoin de mettre leur laideur au service d’autrui. Que c’est charmant… L’objectif est de mettre en valeur la cliente, bien évidemment fortunée, en inspirant le dégoût. « Tout comme le bijoutier place une lame de métal sous une pierre précieuse pour qu’elle brille de mille feux, l’agence place un repoussoir près du joyau issu du grand monde pour lui servir de faire-valoir. »

Maud n’est pas du genre à rechigner à la tâche… mais là, ce qu’on lui demande dépasse l’entendement. Cet emploi est immoral et irrespectueux. Cela implique de sa part une immense confiance en soi car les bourgeois ne vont cesser passer de l’humilier, et la rabaisser. Peut-elle le supporter ?

À Paris, tout se vend… Tout s’achète. Mais elle… Peut-elle accepter d’être un faire-valoir en échange de quelques sous ?

Le mot de la fin…

Belle Époque, est inspiré d’une nouvelle méconnue d’Emile Zola, intitulée « Les repoussoirs. » Personnellement, c’est ce qui m’a donné envie de lire ce roman.

J’ai trouvé que celui-ci commençait bien, mais au fil des pages, l’intrigue s’est essoufflée. C’est assez dommage, car ça donne une lecture originale, mais pas transcendante non plus…

Salutations d’Exquimots !


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