La chaise numéro 14
Roman historique

La chaise numéro 14, de Fabienne Juhel

À la fin de la seconde guerre mondiale, à Saint-Brieuc, la jeune Maria Salaun est tondue par son ami d’enfance, Antoine, pour avoir vécu une histoire d’amour avec un officier allemand. Le commando de maquisards, débarquant dans une Jeep de l’armée américaine, impose à la jeune fille l’humiliation publique, en l’asseyant sur une chaise de bistrot, dans la cour de l’auberge de son père, devant la foule friande de spectacle.

Maria n’oppose aucune résistance, sauf celle de se présenter devant eux pieds nus, dans une robe de mousseline blanche, sa flamboyante chevelure rousse déployée. Sans pleurer ni baisser les yeux, elle se laisse tondre. Mais la honte va bientôt passer dans l’autre camp. Six noms sont sur sa liste…

Un mot de la blogueuse…

Au crépuscule, un petit groupe de maquisards envahit le petit village de Saint-Brieuc. Intrigués par leur venue, les badauds se rassemblent près de leur jeep, aux couleurs des alliés.

S’ils sont là, c’est pour Maria, la fille de l’aubergiste. La putain, qui a trahi et humilié son peuple en aimant un Boche.

Pour que la justice soit rendue, il faut désormais lui rendre la pareille. Et pour cela, les maquisards ont tout prévu… Dans la cour de l’auberge, les hommes dressent un salon de coiffure improvisé. Le coiffeur du village a même été réquisitionné pour l’occasion, sous les ordres d’Antoine, un ami d’enfance de Maria.

Ici même, devant l’auberge familiale, elle sera punie. On va lui tondre la tête intégralement, devant une foule qui ne réclame que cela. En rendant sa sanction publique, les résistants souhaitent faire de la jeune femme, un exemple pour le reste des femmes de la bourgade. 

Mais Maria ne voit pas les choses de cette manière. Cet homme, jamais elle ne l’a considéré comme un ennemi. Il s’appelait Frantz et elle l’aimait. Leur rencontre est la meilleure chose qui lui soit arrivée. Elle est aussi la pire car c’est cet amour qui l’entraîna dans cette situation. Pourtant, la jeune femme ne regrette pas ses choix. Ceux qui devraient avoir honte se trouvent devant elle. Elle n’est que le bouc émissaire idéal à tous leurs malheurs.

En attendant le premier coup de ciseau, chacun cri sa haine et son dégoût. Pourtant… ces gens, Maria les côtoie depuis toujours… elle croyait les connaître…

Vêtue de la robe blanche de sa défunte mère, la jeune femme affronte son châtiment la tête haute. Elle prend place sur la chaise numéro 14, une simple chaise de bistrot. Une fois assise, le spectacle peut commencer. Son père contraint par la force, regarde la scène sans broncher.

Lorsque la foule se disperse et que le calme regagne le village, Maria se retrouve seule sur sa chaise. Seule, mais digne. Ce qui est fait ne peut être défait. Désormais, elle et son père doivent aller de l’avant…

Sur le chemin de la guérison, la jeune femme dresse une liste particulière afin de regagner sa liberté. Si elle ne le fait pas, la honte est tout ce qui lui restera…

Le mot de la fin…

« La chaise numéro 14 » est un roman de Fabienne Juhel. Il raconte l’histoire d’une victime de vendetta de la part des maquisards pendant le Seconde Guerre mondiale.

Le personnage de Maria est un personnage courageux, qui lutte pour sa dignité. Tout au long de cette quête personnelle, la jeune femme assumera son statut de femme tondue avec une grande force de caractère. Mais c’est encore une fois, une fiction.

On imagine bien qu’à cette époque, ce n’était pas aussi simple. Les femmes accusées de collaborer avec l’occupant étaient tondues et avaient l’interdiction formelle de se couvrir la tête. Elles étaient aussi exhibées sur des chars face à une foule en colère. Une punition cruelle pour un acte, qui je le rappelle, n’est pas condamnée par la loi.

C’est un roman court, mais très intéressant et qui se lit facilement.

Salutations d’Exquimots !

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