Les corps inutiles
Roman

Les corps inutiles, de Delphine Bertholon

« Clémence vient d’avoir quinze ans, de terminer le collège. Un nouveau cycle s’ouvre à elle, lorsqu’elle est agressée, en plein jour et en pleine rue, par un inconnu armé d’un couteau. Ce traumatisme inaugural – même si elle n’en a pas encore conscience – va contaminer toute son existence. En effet, l’adolescente réalise qu’elle perd progressivement le sens du toucher…

À trente ans, Clémence, toujours insensible, est une célibataire endurcie, solitaire et sauvage. Après avoir été maquilleuse de cinéma, la jeune femme se retrouve employée de la « Clinique », une usine d’un genre particulier. En effet, la Clinique fabrique des poupées… mais des poupées grandeur nature, hyper-réalistes, destinées au plaisir – ou au salut – d’hommes esseulés. »

Un mot de la blogueuse…

Alors que Clémence se rend seule à une fête, elle se fait agresser par un homme. Là, dans un terrain vague et lugubre, il tente de la violer. Armée de sa seule force de caractère, elle réussit à faire fuir son agresseur.

Cette année, cette nuit, ce lieu… marqueront à jamais sa vie. « Elle avait quinze ans depuis quelques jours. Elle avait mille ans depuis quelques minutes ». Perdue et désemparée, elle décide de ne rien révéler de ce qui lui est arrivée. Pourquoi faire ? Personne ne peut comprendre ce qu’elle ressent…

Quinze ans plus tard, la jeune femme a bien grandi et cette boule au fond de son ventre, aussi. Devenue maquilleuse professionnelle, elle peint des poupées particulières, destinées à de grands enfants en quête d’un peu d’affection. Auprès de celles-ci, Clémence se sent à l’abri des jugements ainsi que des regards extérieurs.

Depuis cette mauvaise rencontre, la jeune femme perd pied. Cet homme qui l’a privé de son enfance et de son insouciance, est encore bien présent dans son esprit. Même après toutes ces années, elle ne se sent pas elle-même, ni même vivante. Quant à son corps, il la dégoûte…

Cette sensation, elle s’y est habituée. Elle vit avec jour après jour, ce qui l’empêche de réfléchir correctement au sens que prend sa vie.

Incapable d’aimer, Clémence mène une existence bien solitaire. Sauf une fois par mois, à la date de son agression, où elle s’oublie. « Tous les 29 du mois, c’était la même rengaine -un rituel morbide motivé par l’espoir ». Vêtue de sa plus jolie robe, elle se rend dans un bar afin de faire une rencontre qui durera le temps d’une nuit. Auprès de ces inconnus qu’elle ne reverra plus, elle s’abandonne… car son corps, lui est insensible.

Clémence a maintenant trente ans et rien ne semble changer. La brèche s’est ouverte il y a quinze ans pour ne jamais se refermer…

Le mot de la fin…

Les corps inutiles est un roman à la fois magnifique et sombre.

C’est l’histoire d’une victime qui lutte pour se reconstruire après une agression. Suite à cette terrible rencontre, elle ne sait plus qui elle est, et a du mal à affronter son reflet dans le miroir. Traumatisée, elle se mure dans le silence afin d’éviter d’affronter la dure réalité.

Dans ce roman, le lecteur suit le personnage de Clémence à l’adolescence, lorsque tout a commencé, puis une fois adulte.

Très beau roman, très touchant. Salutations d’Exquimots !

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