Dernier train pour Canfranc, de Rosario Raro

Mars 1943. Accroupis dans une pièce secrète, les clandestins retiennent leur souffle en attendant que le bruit des bottes des soldats allemands s’éloigne. Au-dessus d’eux flotte le drapeau orné de la croix gammée. Au plus profond de cette époque sombre, Laurent Juste, le chef de gare breton, son amie Jana et le contrebandier Esteve Durandart risquent tous les jours leur vie pour sauver des innocents, en leur faisant franchir la frontière franco-espagnole sur laquelle se dresse la gare mythique de Canfranc…

Un mot de la blogueuse…

Hiver 1942. L’armée allemande envahit la gare internationale de Canfranc, dans la province de Huesca, en Espagne. Son emplacement et sa double juridiction française et espagnole en font un lieu stratégique pour les nazis, qui ont reçu l’ordre d’intercepter et d’arrêter toute personne qui tenterait de passer clandestinement la frontière. Ce qui n’arrange pas les affaires de Laurent Juste, chef de douane dans cette gare…

Car l’homme a deux casquettes. Le jour, il est chef de douane. La nuit, il est résistant.

De temps en temps, profitant de l’obscurité et du silence qui règne sur les lieux, Laurent orchestre de véritables opérations de sauvetage. Assisté par un autre cheminot qui détourne l’attention des soldats, Le chef de douane fait descendre des clandestins Juifs cachés dans des wagons de marchandises en provenance de France.

Une fois descendus du train, ces fugitifs sont conduits dans un hangar afin d’attendre le moment opportun pour passer la frontière, c’est-à-dire, sans éveiller les soupçons des soldats. Pour ces malheureux en attente de nouveaux papiers, les heures passées dans cette cachette de fortune sont interminables.

Rongés par la faim, le froid et l’angoisse, ces pauvres gens n’ont pas d’autres choix que d’essayer de passer coûte que coûte. Ils doivent fuir pour ne pas devenir une victime de plus de la Solution Finale. Privés de tout, ils ne leur reste qu’une infime chose : l’espoir qu’offre Canfranc. Les plus chanceux s’éparpilleront dans le pays en essayant de survivre jusqu’à la fin de la guerre. Les autres mourront, arrêtés par les troupes allemandes. Pourtant, chacun tente sa chance…

À la tête de ces activités clandestines, Laurent est exposé à un risque extrême. La perte de son poste, mais aussi de sa vie et celle de ses proches. « Il risquait gros, il le savait, même si personne ne se méfiait de lui. Du moins pour l’instant, car n’importe qui pouvait se transformer en délateur du jour au lendemain, à la perspective des récompenses plus alléchantes offertes par le régime nazi. Laurent considérait son action comme la mission la plus importante qu’un être humain puisse accomplir, pourtant rien ne parvenait à soulager son angoisse à l’idée d’exposer ainsi sa famille sur cet échiquier sur lequel l’armée allemande et les Alliés jouaient au chat et à la souris. »

Laurent a dû apprendre à vivre dans le mensonge et la peur. Un maigre fardeau comparé à toute l’horreur dont il est témoin… La guerre, les camps de la mort, la misère… un défilé constant de vies brisées par tant de cruauté humaine…

Le mot de la fin…

Je remercie toute l’équipe de Babelio pour m’avoir fait connaître cette auteure. C’est toujours un plaisir de découvrir de nouveaux auteurs et des premiers romans. Et justement, Dernier train pour Canfranc, est le premier roman de Rosario Raro paru en France.

C’est un roman historique basé sur l’histoire vraie d’Albert Le Lay. Un héros de l’Histoire qui a permis à des centaines de réfugiés d’atteindre la liberté. C’est aussi l’histoire d’hommes et de femmes, Espagnols ou Français, qui ont tout sacrifié pour rejoindre la Résistance et sauver des milliers de Juifs, chacun à leur manière. En lisant ces pages, j’ai eu l’impression d’honorer leur mémoire.

Personnellement, je n’avais jamais entendu parler de cette gare et du rôle qu’elle a pu jouer pendant la Seconde Guerre mondiale. J’ai appris par exemple qu’elle était le point de transit d’un terrible trafic d’or, prélevé sur les corps des Juifs emportés dans les camps de concentration.

Aujourd’hui, notre responsabilité est de nous rappeler de toutes ces horreurs pour ne jamais les réitérer. Grâce à des lectures comme Dernier train pour Canfranc, nous pouvons nous remémorer ces histoires qui font partie de la Grande Histoire.

Salutations d’Exquimots !


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