Doigts d’honneur : Révolution en Egypte et droits des femmes, de Ferenc & Bast

« J’ai été violée, vous comprenez ça ?

Attention au ton que vous utilisez avec moi, jeune fille… Si vous venez seule, c’est que personne ne croit à vos histoires. Vous voulez que j’appelle votre père ? »

Un mot de la blogueuse…

2013, au Caire. Deux ans après la Chute de Moubarak.

Tout comme d’autres jeunes de son âge, Layla, une jeune étudiante, descend dans la rue pour faire entendre sa voix. Le peuple exige le retrait du régime récemment mis en place. En ce jour, tous se dirigent vers un seul et même endroit, la place Tahrir, véritable symbole de la révolution.

Une marée humaine se forme. Dangereuse. Étouffante…

Au cœur de cette foule dense et excitée, Layla est victime d’agressions, de coups, et pour finir de viol. Ces actes odieux se font à la vue de tous, sans que personne ne bouge. Layla a beau crier, pleurer, sa voix ne compte pas au milieu de ce monde d’hommes…

Elle est sauvée in extremis par Amnesty International.

Quand elle se tourne vers les autorités pour porter plainte, ceux-ci ferment les yeux sur ce qu’il vient de se passer. Pourquoi écouter ce qu’elle a à dire ? Un viol. Ce n’est pas si grave après tout…

Layla est écœurée. Il y a un cruel manque de considération à l’égard des femmes.

En se rendant à ce rassemblement, elle a voulu croire au changement. A l’espoir d’une société meilleure. Au lieu de ça, elle est devenue une victime, comme beaucoup d’autres femmes. Victime de violences et du mépris des hommes, victime du déshonneur causé par le rejet de sa famille.

On les appelle les laissées pour-compte de la Révolution égyptienne.

Le mot de la fin…

Doigts d’honneur est une bande dessinée engagée divisée en deux parties. Elle traite de la discrimination faite aux femmes dans plusieurs pays du bassin méditerranéen. Ici, en Égypte.

Cette fiction tirée de faits réels est suivie de Parole d’Amnesty. Ces quelques pages sont très utiles si vous souhaitez en savoir plus sur leur combat. Il existe de nombreuses inégalités entre les hommes et les femmes encore de nos jours. Il faut en prendre conscience.

En voici un petit extrait : « Les violences subies par les femmes sur cette place Tahrir, devenue le symbole de la Révolution égyptienne, n’ont pas été des exceptions. A plusieurs reprises, des femmes ont été pelotées, déshabillées et traînées à travers les rues, ou frappées à coups de bâtons, de couteaux et de ceintures par des foules déchaînées. Les autorités n’ont alors rien fait pour empêcher ces attaques et pour protéger les femmes. Et il aura malheureusement fallu le cas de femmes journalistes étrangères pour que l’on prenne conscience de l’ampleur et la presque banalité des violences infligées aux femmes. »

Un dessin en noir et blanc, efficace. Seules quelques touches de couleurs parsèment les planches, soutenant l’importance de symboles. Par exemple, le voile de Layla est vert. Les T-shirts de l’ONG sont jaunes. Ce qui je trouve est très intéressant et bien trouvé.

Salutations d’Exquimots !


Vous pouvez retrouver d'autres livres de Bast Vous pouvez retrouver d'autres livres de Ferenc 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *