La dernière nuit du Raïs
Roman

La dernière nuit du Raïs, de Yasmina Khadra

 » Longtemps j’ai cru incarner une nation et mettre les puissants de ce monde à genoux. J’étais la légende faite homme. Les idoles et les poètes me mangeaient dans la main. Aujourd’hui, je n’ai à léguer à mes héritiers que ce livre qui relate les dernières heures de ma fabuleuse existence. Lequel, du visionnaire tyrannique ou du Bédouin indomptable, l’Histoire retiendra-t-elle ? Pour moi, la question ne se pose même pas puisque l’on n’est que ce que les autres voudraient que l’on soit.  »

Avec cette plongée vertigineuse dans la tête d’un tyran sanguinaire et mégalomane, Yasmina Khadra dresse le portrait universel de tous les dictateurs déchus et dévoile les ressorts les plus secrets de la barbarie humaine.

Un mot de la blogueuse…

Lybie, octobre 2011. Mouammar Kadhafi est au pouvoir. Guide de la Révolution, il y exerce un pouvoir absolu. Sous sa domination, la Terre Sainte est devenue une terre dévastée par la guerre, où règnent la terreur et le chaos.

Le nom de Mouammar Kadhafi résonne à travers tout le pays. Le peuple lybien est terrorisé. L’homme est connu pour son manque d’humanité, sa perversité envers les femmes, sa susceptibilité à fleur de peau, ou pour sa mégalomanie. « On raconte que je suis mégalomane. C’est faux. Je suis un être d’exception, la providence incarnée que les dieux envient et qui a su faire de sa cause une religion. »

Le tyran ne tolère aucune remarque, ni remise en question sur sa manière dont il gouverne  le pays. Sous peine d’être torturé, puis de périr dans d’atroces souffrances, aucun homme n’ose se mettre en travers de sa route.

La révolte arabe gronde et Syrte, la ville natale du dictateur, est aux mains des rebelles. Traqué, il tente de rassembler ses troupes afin de sortir de la ville. Il s’appuie sur son armée de fidèles, qui lui reste dévouée corps et âme. « Je voyais venir le danger à grands pas, mesurais nettement l’étendue de la convoitise des prédateurs en train de saliver sur les richesses de mon territoire. »

L’homme se terre dans ce qu’il reste d’une école, à l’abri des snipers et de tous ceux qui veulent sa tête.

Pour toutes ces années de violence, le peuple réclame vengeance.

Le mot de la fin…

Avec « La dernière nuit du Raïs », l’auteur Yasmina Khadra, nous fait partager l’intimité de la dernière nuit de Mouammar Kadhafi. Pour rendre cela encore plus troublant, il a fait le choix de l’écrire à la première personne, afin de se mettre dans la peau du dictateur.

Je dois vous avouer qu’en lisant les premières pages, cela m’a déstabilisé. Habituellement, dans ses romans, Yasmina Kadhra dénonce les agissements de ces hommes sur le Moyen Orient. Alors, en s’exprimant à travers un tel tyran, je ne voyais pas où il voulait en venir… mais j’ai fini par comprendre.

Par l’emploi du « Je », l’auteur a essayé de penser comme lui, a imaginé comment il aurait réagi face au tumulte qui accompagna les dernières heures de sa vie, sans pour autant occulter sa folie. L’homme se remémore son enfance, son parcours jusqu’à la tête du pays. Un règne cruel dont il est très fier, et dont il n’exprime aucun remords.

En tant que lecteurs, nous nous retrouvons témoins des états d’âme du dictateur concernant la situation de son peuple. Ce que j’ai trouvé, très intéressant.

Yasmina Kadhra a su, par sa plume, dresser un portrait fidèle de ce tyran tristement connu dans le monde entier. Un bon roman, qui se lit très vite.

Salutations d’Exquimots !

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