L’insolente de Kaboul, de Chékéba Hachemi

C’est l’histoire d’une femme qui a traversé une montagne seule quand elle était enfant, et en a soulevé mille depuis. 

C’est un témoignage unique sur l’histoire récente de l’Afghanistan, un récit d’aventures où la réalité dépasse à chaque page la fiction. C’est un point de vue privilégié sur l’engagement, le courage, et comment les petites histoires font la grande.

C’est aussi une histoire de famille, de deuils, de naissances et d’espoir. 

Un mot de la blogueuse…

À 11 ans, Chékéba a dû fuir son pays l’Afghanistan, en pleine nuit, laissant tout derrière elle. Elle a dû traverser les montagnes arides dans le but d’être enfin libre. Un périple de dix jours qui marquera sa vie à jamais, et qui la fera quitter brutalement la douceur de l’enfance.

La petite fille est épuisée, assoiffée et apeurée. Mais elle doit pourtant continuer à avancer. Marcher, encore marcher. Marcher ou mourir. Les cailloux qui jonchent le sentier escarpé la déséquilibrent. Sous son tchador noir, la chaleur est suffocante. Mais elle doit tenir bon… elle n’a pas le choix. Ici, il n’y a aucune pitié pour les femmes, et encore moins pour les enfants.

« Il y a une chose que je sais du haut de mes onze ans, une chose qui me porte. Je l’ai décidé sans savoir d’où vient cette détermination : cet homme qui nous guide dans les montagnes et qui pourrait à tout moment m’abandonner, qui m’en a menacée calmement et que je sais capable du pire, cet homme ne me verra pas pleurer, il ne m’entendra pas me plaindre, je ne le laisserai pas me vendre aux nomades ou me planter au détour d’un chemin. Cet homme qui me méprise parce que je suis une enfant, parce que je suis une fille de bourgeois de Kaboul, cet homme ne sera pas perte, et je retrouverai ma mère. »

Car Chékéba est seule. Seule contre tous. Elle ne peut compter que sur son courage et sa soif de vivre. Elle espère seulement que le passeur la conduira à la frontière Pakistanaise, puis en France, synonyme de terre d’asile.

Mais avant, elle doit retrouver sa mère. Elle n’a plus qu’elle au monde. Son père lui a été enlevé alors qu’elle n’avait que deux ans. C’est tôt, beaucoup trop tôt. L’impression pour elle de ne pas l’avoir connu. Mais c’est ainsi…

La petite fille rêve d’un Afghanistan libre. Mais la route est longue vers le chemin de la liberté. Quant à ce qui adviendra d’elle d’ici là, Chékéba est trop fatiguée pour y songer…

Le mot de la fin…

L’insolente de Kaboul est le récit autobiographique de Chékéba Hachemi. Une femme remarquable qui réveilla les consciences sur les difficiles conditions de vie des femmes afghanes et qui se bat, encore aujourd’hui, pour que leurs droits soient respectés en Afghanistan.

À travers son témoignage, l’auteur nous parle aussi du mal qui ronge son pays depuis de nombreuses années. « Je suis trop jeune pour le formuler ainsi, mais la lèpre qui ronge notre pays n’a rien à voir avec la religion ; il existe un mal insidieux plus pervers que l’occupation des Russes, qui détruit nos familles : la peur du déshonneur. »

Tout au long de la lecture, les chapitres alternent entre le moment présent, et les souvenirs de l’auteur. Une période où la vie était meilleure pour elle et sa famille, et bien plus heureuse.

Salutations d’Exquimots !


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