La petite barbare
Roman

La petite barbare, d’Astrid Manfredi

« Moi, monsieur, je suis pleine du bruit assourdissant de vivre. »
En détention on l’appelle la Petite Barbare ; elle a vingt ans et a grandi dans l’abattoir bétonné de la banlieue. L’irréparable, elle l’a commis en détournant les yeux. Elle est belle, elle aime les talons aiguilles et les robes qui brillent, les shots de vodka et les livres pour échapper à l’ennui. Avant, les hommes tombaient comme des mouches et elle avait de l’argent facile.

En prison, elle écrit le parcours d’exclusion et sa rage de survivre. En jetant à la face du monde le récit d’un chaos intérieur et social, elle tente un pas de côté. Comment s’émanciper de la violence sans horizon qui a fait d’elle un monstre ? Comment rêver d’autres rencontres et s’inventer un avenir ?

Un mot de la blogueuse…

Comment peut-on à 23 ans, se retrouver en prison ?

La faute à pas de chance, mais surtout à beaucoup de mauvaises décisions qui l’ont emportées dans une spirale infernale dont elle n’a su s’échapper. Et la voilà maintenant ici, enfermée dans une cellule de 5 m².

Pour elle, tout a commencé dans la banlieue. Un environnement favorable à l’épanouissement d’un enfant. Les tours de béton armé, une violence qu’elle retrouve en bas de chaque cage d’escalier et un mot qu’on ne lui enseignera jamais… le respect.

La faute aussi peut-être à une enfance chaotique, qu’elle doit à des parents absents, distants, et peu aimants. Cerclée par ce halo ouaté, la petite fille perdue s’entoure des mauvaises personnes et c’est la dégringolade… elle s’enfonce progressivement dans la délinquance et la prostitution.

Désormais, sa vie ressemble à ça. Quatre murs dont elle connaît tous les moindres détails.« Rien à espérer sauf te raccrocher à des détails comme cette bande de lumière qui entre dans la cellule et dont la clarté sans accroc te propulse dans ton histoire ».

Six mois d’isolement, coupée de tout mais surtout de tout le monde. De quoi devenir folle… mais qui laisse aussi tout le temps de penser. Seule avec elle-même, elle se remémore son passé, jusqu’à son parcours qui l’a emmené ici.

« Demain, je serai libraire, fille de ma mère, amante d’un gadjo aux poches pleines, éleveuse de chiens enragés ou strip-teaseuse qui garde le bas. Qu’importe. Je serai dehors. Y a un petit vent qui s’est levé. Frissons. L’orage n’est pas loin et c’est à ses côtés que je suis, au plus près de cette foudre que les gens fuient. Tonnerre, saisir la vie dans ses éclairs, ne rien prédire, laisser le ciel et ses oracles fous là où ils sont. Qu’importe (…) Le miettes je les laisse, j’ai trop la dalle (…) Bientôt la prison ne sera plus qu’un point minuscule, une écorchure dans le ciel de brume. »

Le mot de la fin…

La petite barbare est le premier roman d’Astrid Manfredi. Celui-ci a reçu le prix Régine Deforges du premier roman 2016.

C’est un texte dur, vraiment bien écrit, que j’ai beaucoup aimé. Son style est direct, franc et percutant.

Le personnage de ce roman est condamné à un an d’emprisonnement. Six mois d’isolement, et six autres mois qu’elle va partager avec les autres détenues de la prison. A aucun moment, on ne connaîtra son identité. Nous savons qu’il s’agit d’une femme, mais nous ignorons son nom.

Durant ces mois passés en détention, la jeune femme va nous dévoiler son quotidien, et nous faire part de ses réflexions. Nous verrons que derrière cette façade de dure à cuire, se cache une véritable souffrance. Car avant de devenir une détenue, cette jeune femme n’était autre qu’une victime. Elle était jeune, belle et avait la vie devant elle. Désormais, elle n’a que ses yeux pour pleurer. Son enfance et les choix qu’elle put faire par la suite, l’on conduit à emprunter une voie qu’elle regrette aujourd’hui.

Un roman court, mais efficace. Salutations d’Exquimots !

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