La Tanche, d’Inge Schilperoord

Dans un village de la banlieue d’Amsterdam, au bord de la mer, de nos jours.

Jonathan, la trentaine, sort de prison. Dans le bus qui l’emmène chez sa mère, il se répète ce que le psychologue lui a enseigné : s’il organise rigoureusement ses journées, il sera un homme meilleur. Jonathan se le promet : il va s’occuper de sa mère, faible, asthmatique, retourner travailler à l’usine de poissons, promener le chien, aller à la pêche. Il restera seul, il ne parlera à personne, il va s’occuper les mains, l’esprit, tout pour ne pas replonger.

Car Jonathan est un pédophile. Il est sorti de prison, faute de preuves. Le psychologue lui a parlé d’un taux de récidive de 80%. Il sait qu’il ne doit pas se laisser déborder par ses pulsions. Or, dans ce quartier en démolition où vit sa mère, vivent aussi une mère célibataire et sa fillette…

Un mot de la blogueuse…

Aujourd’hui est un jour particulier pour Jonathan car c’est celui de son dernier jour de détention. Après plusieurs mois en prison, l’homme est enfin libre. Libre de recommencer une nouvelle vie. Une vie qu’il espère loin des tentations et du vice qui l’ont conduit en cellule.

« Quand on a une conscience normalement développée, il arrive que l’on ressente un sentiment de culpabilité, lui avait expliqué le psychologue. Cela ne s’es pas passé comme je le voulais, se dit-il, et j’en souffre. Mais là, j’ai une deuxième chance, c’est d’ailleurs ce que l’avocat avait dit et il se répéta ses paroles dans sa tête. Et il les compléta : si je fais tout encore mieux que je ne l’ai fait jusqu’à présent, peut-être que je pourrai tout réparer. »

Sa condamnation, il la doit à sa faiblesse… à ses obsessions, mais aussi à ses pulsions dévastatrices qui l’ont poussé à commettre l’irréparable pour devenir un monstre. Un pédophile.

Désormais, Jonathan n’est plus cet être abject mais un homme meilleur. En lui rendant sa liberté, le gouvernement a décidé de lui accorder une seconde chance. Va-t-il respecter son engagement ou répondre au mal qui le ronge ?

« Maintenant je dois faire bien attention, se dit Jonathan. Maintenant. Cela commence maintenant. » 

L’homme est libre, mais sous étroite surveillance. En plein processus de réinsertion, Jonathan a rendez-vous chaque semaine avec un psychologue de la prison qui va l’aider à instaurer un plan de prévention contre une potentielle récidive. Disons que tout est sous contrôle…

A sa sortie, l’ancien détenu se rend directement sur les lieux de son enfance, dans la maison familiale. Là-bas, sa mère l’attend. Une mère aimante qui ne lui pose jamais de questions gênantes sur ses troubles. Il faut croire que c’est mieux ainsi…« Souvent, les mots n’apportent que des malheurs. » 

Alors qu’il reprend peu à peu le cours de sa vie, Jonathan fait une découverte capitale. Une fillette s’est installée avec sa mère dans le quartier, à quelques mètres seulement de chez lui… de quoi réveiller la bête qui sommeille en lui.

Le mot de la fin…

La Tanche est un premier roman qui a piqué ma curiosité pour les raisons suivantes :

En s’attaquant à un sujet tabou, l’auteure a voulu proposer une lecture troublante, voire dérangeante. Dès les premières pages, le lecteur se retrouve non pas du côté des victimes, mais de celui du prédateur sexuel. C’est assez déstabilisant… et je comprends tout à fait que cela puisse bouleverser de nombreuses personnes.

Pour autant, ce roman controversé a reçu de nombreuses distinctions. Il a d’abord été couronné par le Bronze Owl Award avant d’être nommé cinq fois livre de l’année par la presse.

Une fois lu, je dois avouer que j’ai été quelque peu déçue. C’est un roman très bien écrit, mais que j’oublierai vite. Par contre, Tigre, tigre ! de Margaux Fragoso m’avait marqué davantage. Cela montre bien que les sensibilités varient selon les individus.

Salutations d’Exquimots !


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